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«....Depuis deux ans je suis particulièrement confronté à la souffrance et à
la mort. J'ai décidé de donner un peu de mon temps aux gens qui ont le Sida.
Providentiellement, une porte s'est ouverte à l'hôpital de la grande prison
de notre ville. Chaque vendredi, c'est la même routine; le même trajet
d'autobus, les différents contrôles, les mêmes couloirs et les multiples
portes en fer qu'il faut passer. Ce n'est pas facile d'entrer en prison, on
est souvent à la merci des officiers. Mais une fois dedans, je me sens à
l'aise, je suis l'un d'eux. Il m'est arrivé plusieurs fois d'avoir été
compté dans le nombre des prisonniers. Les officiers paniquent alors que les
prisonniers se réjouissent.
«Pourquoi tant de soucis pour un de plus?», je demande à un officier. «Je
comprendrais mieux s'il en manquait un!». Un autre officier m'a dit: «Père,
mettez-vous au moins une cravate!». Et je lui ai répondu: «Je suis encore
tout jeune et je n'ai pas 1'intention de me pendre!».
Oui, je suis à l'aise et bien vite on se rend compte que ces jeunes ne sont
pas différents de toi et de moi. La prison, et surtout la section de ceux
qui ont le Sida, est le miroir de notre société. La plupart ont attrapé le
virus par la drogue. Tous viennent de milieux assez pauvres. Les riches eux
peuvent payer une caution pour attendre le jugement dehors. La grande
majorité sont des noirs et des hispaniques, surtout des portoricains....
Qu'est-ce que je fais à la prison? ...Rien de programmé! Je suis là, je
bavarde avec les gars, je regarde la T.V, je joue aux cartes, je mange avec
eux, j'écoute leurs histoires. Tout ce qu'il peuvent offrir, ils me
1'offrent avec beaucoup d'affection. L'autre jour Shorty était parti au
tribunal, mais il m 'avait préparé sur sa table tout le nécessaire pour que
je me fasse une tasse de café. «Tu ressembles à un », m'ont-ils
souvent dit. On va arranger tes cheveux et ta barbe. Alors c'est la
concurrence entre eux. Ils mettent tout leur temps et leur fierté à améliorer
mon apparence....
On pense souvent que la drogue, c'est la jouissance, le plaisir; au
contraire, pour la majorité c'est 1'expérience de 1'enfer. Et de cet enfer,
seule une force supérieure peut les sauver: la forcé de Dieu....
Je ne leur parle pas souvent de Die, ce sont eux qui me parlent de Dieu et
de sa Vie....» Un frère des États Unis |