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Récit
de voyage Roquetas-de-Mar
(21. – 28. April 2025)
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(d’Andreas) :
Le
voyage chez les frères de Roquetas m'a offert une étape
intermédiaire aussi bien fraternelle que culinaire : j'ai passé une
nuit chez Josemari et Paco (PFJ) à Malaga, où j'ai été très bien
accueilli et où j'ai pu déguster une savoureuse paella.
Depuis
longtemps, les deux frères mettent une chambre à la disposition
d'un migrant (en collaboration avec l'association «Malaga Acoge»).
Actuellement, ils accueillent un jeune Marocain qui nous a préparé
un thé arabe. Le mardi 22 avril, j'ai fait une longue promenade avec
Jose-Mari jusqu'à la plage de Malaga, où j'ai pu apprendre beaucoup
de choses sur l'histoire de la fraternité en Espagne et sur la vie
actuelle des frères. Une fois de plus, j'ai pu goûter à la
richesse de la Fraternité.
J'ai
ensuite pris le bus pour Almeria, où Juan-Francisco m'attendait,
puis nous avons pris un autre bus jusqu'à Roquetas. La montagne, la
mer - et entre les deux, un océan de serres où sont cultivés les
légumes pour la moitié de l'Europe.
La
fraternité à Roquetas avec André, Juan et Juan-Francisco a déjà
une longue histoire.
Leur
appartement est bien situé avec un loyer très avantageusement.
Elle est le centre de la fraternité de Roquetas avec deux satellites
: José-Luis avec une orbite proche, ce qui lui permet de se rendre à
la fraternité en quelques minutes, dans la rue Acapulco. Chaque
jour, il participe à la prière, fait la cuisine un jour par semaine
et peut venir à la célébration de l'Eucharistie. Et en même
temps, vivre dans un appartement à côté lui offre la chance de
suivre son propre rythme et ses envies, lire, se promener, cuisiner,
prier... Il chante dans la chorale de la paroisse et c'est ainsi que
de nouveaux contacts et de nouvelles amitiés se créent peu à peu.
L'orbite
du deuxième satellite est plus éloignée : Paco a trouvé un
appartement dans un monde complètement différent : de très
nombreux migrants d'Afrique du Nord et surtout d'Afrique noire y
vivent. Juste à côté, vivent quatre Pères Blancs (noirs !) avec
lesquels il entretient de bons contacts. Il va aussi là pour la
messe et remplace parfois l'un des prêtres. Deux fois par semaine,
il vient à la fraternité pour la prière, la planification - et un
jour par semaine, il a pris en charge le service de cuisine.

André
va bien après l'opération (poumons) et 30 séances de radiothérapie
; j'ai pu faire de belles promenades avec lui. Il continue à avoir
de nombreux engagements (messe dominicale à l'église paroissiale ou
en plein air («
Virgen de los vientos »)
; contacts avec la communauté laïque Charles de Foucauld, avec la
communauté sacerdotale « Jesus
Caritas »,
etc.
Grâce
à son « hermano-mobile
», Juan peut se déplacer facilement, surtout dans le quartier.
Comme André, il connaît beaucoup de gens avec qui il prend un
café... Il est membre d'une association de personnes handicapées,
il a aussi de bons contacts avec des voisins et sur Internet avec la
famille spirituelle Charles de Foucauld. Sur les routes
informatiques, il est beaucoup plus à l'aise et plus compétent que
moi!
Juan-Francisco
a depuis longtemps trouvé son foyer spirituel dans le mouvement
charismatique. En même temps, il est très serviable dans la
Fraternité, surtout comme chauffeur.
Lorsque
les frères sont arrivés à Roquetas, ils ont trouvé du travail,
par exemple dans les serres, qui étaient toutefois peu nombreuses
par rapport à aujourd'hui. Maintenant il y a deux groupes de « gens
de voyage », qui ne pourraient pas être plus différents, qui
arrivent à Roquetas de Mar : d’une part, les touristes qui passent
leurs vacances au bord de la mer. Et, d’autre part, les migrants
qui ont traversé la mer, souvent dans des conditions périlleuses,
pour trouver refuge et travail. Les frères vivent dans ce milieu
très mixte - et ont surtout pris en charge des services pour les
migrants : ils donnent des cours de langue ,un ou plusieurs soirs par
semaine, et ils soutiennent les migrants dans de nombreuses questions
pratiques.
J’ai
l’impression que chaque frère a trouvé son équilibre et la
fraternité dans son ensemble aussi. Chacun respecte les besoins et
les souhaits des autres. Il y a des éléments communs (prière,
repas, réunions, ...), mais chacun a aussi trouvé sa place
personnelle.
Une
parabole me vient à l'esprit : un groupe de hérissons vivait
ensemble. Lorsqu'il faisait froid, ils se rapprochaient pour se
réchauffer mutuellement. Mais s'ils se rapprochaient trop, ils se
piquaient les uns les autres. S'ils s'éloignaient trop, ils avaient
froid à nouveau. Finalement, ils devaient trouver la bonne distance
: assez près pour se réchauffer mutuellement.et assez loin l'un de
l'autre pour ne pas se piquer. Et ils appelèrent cette équilibre
entre proximité et distance „proxistance“
ou „respect fraternel“.
Le
samedi 26 avril, j'ai eu l'occasion de me rendre en bus (rempli de
religieuses et de religieux de toutes les couleurs) d'Almeria à
Antequera avec Juan, Juan-Francisco et José-Luis. C'est là qu'a été
organisée pour la première fois ''une
journée des religieux et religieuses d'Andalousie''.
Plus de 200 religieux sont venus, et José-Mari avait également fait
le voyage depuis Malaga.
Le
programme était très varié : conférences, carrefours sur
différents thèmes (ex. : immigration, prière interreligieuse,
résidences pour des religieux âgés etc. Un coup d'œil dans la
salle m'a fait penser à des champs de coton avec quelques bleuets
(têtes blanches et quelques voiles bleus). Mais il y avait aussi des
visages plus jeunes, l'ambiance était joyeuse et fraternelle. Un
grand pique-nique a été organisé et, après une célébration
eucharistique avec homélie de l'évêque de Grenade, un concert a
été donné par un groupe de musique pour nous remonter le moral.
Lors
de cette belle journée quelqu’un a cité une prière de Louis
Joseph Lebret
:
Ô
Dieu ! Envoyez-nous des fous,
ceux qui s'engagent à fond, ceux qui
s'oublient,
ceux qui aiment au-delà des mots,
ceux qui donnent leur
vie vraiment et jusqu'au bout.
Donne-nous des fous, des folles, des
fous de passion,
des hommes capables de sauter dans l'insécurité,
dans l'incertitude croissante de la pauvreté ;
des hommes qui
acceptent de se diluer dans la foule anonyme,
sans prétendre se
décerner une médaille,
en mettant leurs qualités au seul service
de leur peuple.
Donnez-nous
des fous Seigneur,
des fous du présent, amoureux d'une vie simple,
libérateurs efficaces de ceux qui ne comptent pour rien,
amoureux de
la paix, purs de cœur, décidés à ne jamais trahir,
capables de
relever tous les défis, d'aller partout,
libres et obéissants,
spontanés et tenaces, tendres et forts.
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