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Visite
de Fernando
à
Patricio et Chepito
au Nicaragua
(du
15 décembre 2025 au 13 janvier 2026)
Fernando Arbelaez
(Ibagué - Colombie)
Je
suis arrivé au Nicaragua le 15 décembre. Chepito est venu
m’accueillir à l’aéroport. Je n’étais pas revenu depuis
17 ans.
Nous
avons quitté l’aéroport à 13 heures et sommes arrivés à
La Garnacha à 18 heures. Patricio nous attendait avec un
délicieux plat de pâtes comme lui seul sait les préparer.
De
Managua, vers le nord, on prend la route panaméricaine, qui est en
très bon état. Sur un court trajet seulement, la moitié de la
route s’est effondrée à cause des fortes pluies. En quittant la
Panaméricaine, j’ai été impressionné de voir une excellente
route jusqu’à la déviation pour entrer à La Garnacha. Des
maisons modernes construites grâce aux fonds envoyés des
États-Unis. Plusieurs restaurants le long de la route. Le progrès
est arrivé à La Garnacha !!! Des boutiques d’artisanat, des
chalets pour héberger les touristes. Comme c’est la saison de
décembre, de nombreux véhicules arrivent pendant la journée pour
profiter du climat frais, de la variété des restaurants, du bon
état des routes, des belvédères d’où l’on peut voir la chaîne
volcanique depuis les hauteurs, avec des chemins bien aménagés pour
descendre. De très beaux couchers de soleil.
Patricio
reste très actif au travail. Sur le terrain de la maison, il a créé
une pépinière de plantes ornementales pour les vendre. Il a
beaucoup de plantes et continue à semer. Il se rend à l’ermitage
tôt le lundi et y reste jusqu’au jeudi ; là il y a une
maison en terre, la chapelle et sa chambre. La maison dispose d’une
véranda d’où l’on peut contempler le coucher du soleil. Le
paysage invite à la contemplation. Il possède un terrain où il
cultive divers produits. Trois paysans vivent à proximité, ils
cultivent des légumes. Patricio n’est donc pas seul et, quand il
n’est pas là, ils s’occupent de sa propriété. Le vendredi, il
en profite pour porter les produits qu’il cultive à Estelí. Il y
va avec le camion du programme agricole, qui transporte également
ses produits pour les vendre. Plusieurs producteurs, des artisans…
se réunissent. Chaque producteur a son emplacement attitré dans le
parc principal d’Estelí. Ce marché fonctionne tous les vendredis
depuis de nombreuses années. Il est très apprécié des gens, car
les produits sont frais et proviennent directement des agriculteurs.
Après
la vente, Patricio continue fidèlement à rendre visite à certains
malades de la ville pour prier avec eux et leur apporter la
communion.
Début
de la communauté de La Garnacha
Les
premiers frères vivaient à San Nicolas. Lorsque le gouvernement a
acheté un terrain pour le proposer à une coopérative, ils sont
partis créer la coopérative dans ce qui est aujourd’hui La
Garnacha.
La
communauté actuelle de La Garnacha a vu le jour en 1984 avec 17
familles, auxquelles s’ajoutaient les frères de la fraternité
(Mario, José Alvares, Chepito, Fernando). Plusieurs familles sont
venues de communautés de la municipalité où elles souffraient du
manque d’eau et de la pauvreté. C’est pourquoi elles ont accepté
avec joie l’invitation à vivre à La Garnacha, pour commencer une
nouvelle vie dans un endroit où elles pouvaient construire un avenir
plein d'espoir pour leurs familles.
Patricio
à La Garnacha
.
Actuellement,
la paroisse est administrée par le père Wilson, un Colombien qui y
est depuis quatre ans. Avec le père Wilson, quatre curés se sont
succédé dans la paroisse (un prêtre est mort du coronavirus…).
Patricio entretient de très bonnes relations avec le curé actuel,
il lui demande de l'aider à la paroisse lorsqu’il n’arrive pas à
honorer tous ses engagements. J’ai pu accompagner Patricio à la
célébration de l’Eucharistie chez ma comadre Teresa et saluer
plusieurs de ses fils et filles qui étaient venus pour les fêtes de
Noël. Le dimanche 4 janvier, je suis allé participer à
l’Eucharistie à San Nicolás, pour saluer le père Wilson et sa
mère qui était venue de Colombie pour lui rendre visite. Dans
l’après-midi, le père Wilson m’a demandé de l’accompagner
dans une communauté voisine et les retrouvailles avec les membres de
cette communauté ont été très émouvantes.
“La
barque de Pierre”
Linda
et Ricardo, un couple d’amis de Patricio, vivent à Estelí. Cette
amitié s’est renforcée lorsque Ricardo, avec un petit groupe de
laïcs réunis dans “La barque de Pierre” (son père fait
également partie du groupe), a soutenu pendant 7 à 8 ans la
formation des laïcs dans la paroisse de San Nicolás. En tant que
groupe, ils ont travaillé à la formation des laïcs et des
catéchistes dans les paroisses du diocèse d'Estelí, jusqu’à ce
que l’évêque leur ferme les portes. Dans la prière, ils ont
demandé à Dieu de leur montrer un endroit où ils pourraient servir
l’Église. Un jour, ils sont allés visiter San Nicolás, à la
recherche d’un espace dans la paroisse rurale, pensant qu’il y
aurait peut-être plus de besoins là-bas qu’en ville. Ils ne
connaissaient pas Patricio. Par un heureux hasard, Patricio allait
célébrer l’Eucharistie dans la paroisse ce jour-là.
Ils
sont allés lui parler, se présentant comme le groupe “La barca de
Pedro” (La barque de Pierre) et lui ont demandé de travailler dans
la paroisse pour former les laïcs. Mais Patricio s’est contenté
de les écouter. Déçus, ils étaient prêts à retourner à Estelí,
mais ils ont décidé d’assister à l’Eucharistie. Pendant
l'Eucharistie, ils ont ressenti une forte connexion spirituelle. Ils
se sont regardés les uns les autres et, après l'Eucharistie, ils
sont allés parler à Patricio et, cette fois, Patricio les a
accueillis
et
leur a ouvert la paroisse.
Lorsque
l’évêque a envoyé le premier curé de San Nicolas, Patricio
s’est retiré à La Garnacha, où il vit actuellement.
Chepito
et les abeilles
Notre
frère Chepito vit au Nicaragua depuis plus de 40 ans. Il a dû
faire face à des incertitudes quant à sa présence dans les travaux
qu’il a effectués pendant plusieurs années. Dans le dernier
d’entre eux, il a dû quitter son travail auprès des femmes
apicultrices… Actuellement, il continue à travailler avec
plusieurs ruches qui lui produisent chaque année du miel, qu’il
conditionne et vend pour entretenir les abeilles et subvenir à ses
besoins.
Interrogations
sur l’avenir de la Fraternité
Patricio et Andréas
Au
cours d’une conversation que j’ai eue avec Ricardo, il m’a
demandé : « Et quand frère Patricio ne sera plus là,
qui va prendre la relève ? » Je lui ai renvoyé la
question : « Et l’avenir de la « Barque de
Pierre ? »
. Ces
situations se sont présentées dans plusieurs pays avec la fermeture
de Fraternités.
. Dernièrement,
les frères de Spello ont décidé de fermer la Fraternité et
continuent à discerner sur la restructuration : où mettre les
forces ? Nous les accompagnons par la prière.
.
Et
ainsi, nous pourrions partager ce qui habite nos vies, dans nos
fraternités !
.
Dans
la lettre de lancement que nous ont envoyée les frères de la
Fraternité centrale, ils écrivent : « Cette
lettre se veut une invitation à nous mettre en route vers le
Chapitre de 2027. Les fraternités, mais aussi les frères à titre
personnel, ont déjà pu être confrontés à des changements qui
sont devenus des épreuves et des défis. Abandonner une situation,
un environnement, un lieu, faire son deuil et s’orienter vers
quelque chose d’inconnu. Parfois, cela représente un grand défi
pour la foi personnelle ou communautaire… ».
.
Des
réalités qui nous habitent et que nous voudrons approfondir pendant
le Chapitre. L’abandon entre les mains du Père nous habite dans
notre cheminement et dans celui des personnes avec lesquelles nous
partageons le chemin sur les traces de Jésus de Nazareth.
Fraternité
laïque
Du
10 au 16 janvier, à La Garnacha, s’est tenue la rencontre des
jeunes qui font partie de la Fraternité laïque. Les coordinateurs
de la région Amérique centrale et Caraïbes du Honduras, du Costa
Rica, du Salvador et de la République dominicaine se sont réunis.
L’avenir de la Fraternité réside dans les Fraternités laïques,
dont beaucoup sont présentes dans les pays où vivaient les frères.
C’est ce que nous disait Joseito. Dans la municipalité de San
Nicolás, 40 personnes font partie de la Fraternité laïque.
Ci-dessous :
la première photo avec mes “compadres”, Marta et Ramon, je porte
mon filleul, Manuel, il y a 35 ans. La deuxième photo a été
prise lors de cette visite avec mes compadres…, le temps passe,
nous vieillissons…
Je
vous laisse avec un message que j’ai reçu de Chepito dès mon
arrivée en Colombie :
« La rencontre avec les jeunes
s’est bien passée, il y a de l’enthousiasme et de l’espoir
pour l’avenir !
Je pense que ta visite a été très positive
tant pour Patricio que pour moi. »
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